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54 Les Spectacles de la Foire.
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dit que, le mercredi fept des préfens mois et an, quatre à cinq heures de relevée, feroient venus en leur loge à la foire St-Laurent, fous prétexte de voir le divertiffement de voir battre la caiffe au lièvre des plaignans, deux particuliers, pour lors à eux inconnus, et qu'ils ont appris être clercs de procureurs, dont l'un fe nomme Quilvot ; lefquels particuliers, à l'inftant qu'ils auroient été entrés, auroient voulu obliger ledit Legrand de faire jouer fon lièvre à leurs pieds. Que leur ayant dit que ce n'étoit pas l'endroit ordinaire et qu'ils pouvoient prendre place, lefdits accufés jurant, reniant, blafphémant le saint nom de Dieu, mettant la main fur la garde de leurs épées, auroient dit qu'ils vouloient qu'il fit jouer ledit lièvre à leurs pieds, finon qu'ils lui don-
neroient cent coups, qu'il étoit un b.....de chien, un coquin et fripon. Que
ledit Legrand, pour éviter le bruit, auroit dit à fadite femme de rendre l'argent aux accufés afin qu'ils les laiffafïent en repos, ce qu'elle auroit fait ; et
cn ce faifant, l'auroient traitée de b....., de g.... et de p....., porté quelques
coups de poing, mème fait des efforts pour porter des coups de canne audit Legrand. Qu'à la fortie de ladite loge, lefdits accufés auroient donné plu-fieurs coups de canne audit Delatour, en forte que, fans le fecours de plu-fieurs perfonnes, ils l'auroient tué ; difant lefdits accufés en fe retirant que les plaignans n'en étoient pas quittes et qu'ils le paieroient tôt ou tard. Et comme ce procédé paroît n'avoir été fait qu'à plaifir par les accufés, pouffes fans doute par des ennemis des plaignans, etc., ils font venus nous rendre la préfente plainte (i). < .
Signé : David.
{Archives àet Comm., n° 3820.)
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EGRAND (Antoine), né en 1666, maître à danser et danseur chez Alexandre Bertrand à la foire Saint-Laurent de 1699. Voy. Dumoustier (Charlotte).
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EGRAND (Mllc), actrice de l'Opéra-Comique, était la fille de Marc-Antoine Legrand, acteur de la Comédie-Française, qui la fit débuter sur ce théâtre en 1725 ; elle y resta jusqu'en 1730, et à la foire Saint-Germain de 1731 elle entra à l'Opéra-Comique. Ses débuts, qui eurent lieu le 12 février, furent très-brillants; elle
(1) Dans l'information qui fut faite ensuite de cette plainte, par le commissaire David, on entendit entre autres témoins : Susanne Quetteville, fille majeure, demeurant à Paris, rue Montmartre, vis-à-vis la rue Saint-Pierre, âgée de 28 ans, montrant i la foire Saint-Laurent la Tète parlante, cn soriété avec le nomme Cadet.
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